Psychologues, psychothérapeutes, psychiatres, psychanalystes : Une confusion massive - à Paris 9e

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Psychologues, psychothérapeutes, psychiatres, psychanalystes : Une confusion massive - à Paris 9e

Psychologues, psychothérapeutes, psychiatres, psychanalystes : Une confusion massive - à Paris 9e

 



              Je me rends compte lors de certaines discussions qu'il existe une réelle confusion vis-à-vis des praticiens de la santé mentale. Cette méprise est le résultat d'un grand nombre de facteurs parmi lesquels nous verrons que l'ignorance, le narcissisme et le désir de pouvoir tiennent une place prépondérante.

 

Les premiers responsables de ce marasme sont les praticiens eux-mêmes. Cette idée mise en évidence par Freud, avec ce qu'il appelle le narcissisme des petites différences, est reprise depuis quelques années par un psychanalyste parisien, Fernando de Amorim.

En effet, un peu avant 1910, Freud préconisait que le médecin qui souhaitait devenir psychanalyste ne devait jamais cesser sa propre psychanalyse.

Du fait de sa volonté de développer le mouvement psychanalytique, il rabaissera l'exigence en demandant aux psychanalystes en exercice de faire une tranche d'analyse tous les cinq ans. Un siècle après, étant donné les écueils observés dans le champ médical, dans le champ de la psychiatrie, de la psychologie et de la psychanalyse, il ne fait aucun doute que Freud avait raison dès le départ quant à l'importance pour le psychiste de poursuivre sa cure dès lors qu'il continue sa pratique psychothérapique 

  
Que les cordonniers soient mal chaussés n'a pour conséquence que l'esthétique, sans grande importance donc.

Que ceux qui acceptent la responsabilité d'accueillir des êtres en souffrance (les psychanalystes, psychothérapeutes, psychologues, psychiatres...) évitent de se confronter à la part d'eux-mêmes qu'ils méconnaissent, c'est une question éthique essentielle quant à la santé publique et à l'avenir de la psychanalyse, de la médecine et des psychothérapies de manière générale.

Cette suffisance dont fait preuve la plupart des psychistes aujourd'hui est à l'origine de la confusion ambiante qui règne dans le monde "psy".

 

Avec la récente réglementation du titre de psychothérapeute, les psychologues cliniciens et les psychiatres peuvent officiellement détenir le titre de psychothérapeute.

Nous sommes alors confronté à un constat pour le moins étonnant : non seulement, la plupart des psychologues et des psychiatres n'ont jamais entrepris une psychothérapie ou une psychanalyse personnelle mais le plus ironique de l'affaire, c'est qu'ils n'ont jamais eu à assurer sur le long terme ni une psychothérapie, ni une psychanalyse au cours de leur formation.


En effet, les psychologues ont une formation essentiellement théorique et le peu de stages qui jalonnent leur cursus offre rarement la possibilité de diriger une cure et jamais celle d'assurer à long terme une psychothérapie ou une psychanalyse


Il en va de même pour les psychiatres qui se forment essentiellement dans le sens de la prescription médicamenteuse. Si celle-ci est essentielle dans le traitement de certaines pathologies, en tant que soutien au traitement psychanalytique, elle est malheureusement inutile dans bon nombre de situation, spécialement quand elle n'est pas associée à une psychothérapie ou à une psychanalyse. Quand on sait que ce sont les laboratoires pharmaceutiques qui orientent les manuels psychiatriques modernes, donc les orientations des futurs psychiatres, il n'y a plus de raison de s'étonner. 

Le drame de la situation, c'est que, comme la névrose, la méprise se transmet de génération en génération. Pour pouvoir enseigner dans des universités, à Paris ou ailleurs, il n'est pas nécessaire d'avoir assuré ni une psychanalyse, ni une psychothérapie. Beaucoup d'enseignants n'ont donc pas ou peu d'expérience clinique et nombres d'entre eux n'ont même jamais fréquenté le cabinet d'un psychanalyste. 


Peut-on assurer la cure d'un être en souffrance si l'on ne fait pas le tour de la sienne ? Peut-on conduire et même parler d'une expérience aussi intime sans en faire soi même l'expérience? 


Voici des questions logiques, évidentes, éthiques qui sont encore taboues à ce jour mais à notre sens, dans quelques années, un patient demandera à son futur psychothérapeute, non pas le diplôme qu'il a en sa possession mais bien l'assurance éthique qu'il poursuive sa propre cure.

 

 

J.Faugeras, à Paris 9ème, le 4/10/2016

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