La méthode des libres associations, à Paris

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La méthode des libres associations, à Paris

La méthode des libres associations, à Paris

 

La psychothérapie avec psychanalyste et la psychanalyse se distinguent par la méthode qui en est à la fois le moteur et le gage, tant de leur réussite que de leur échec.

 

Appelée également la règle fondamentale, cette méthode qui va révolutionner l’efficacité des psychothérapies va être nommée par Freud : la méthode des libres associations.

 

Avant de définir plus en détail ce en quoi elle consiste, revenons à la découverte freudienne. A la fin du 19ème siècle, Freud assiste à Paris aux présentations de Charcot à l'hôpital de la Pitié-Salpetrière. Le maître parisien, devant un parterre de médecins subjugués par ses expériences, hypnotise alors des patients pour tantôt créer un symptôme, tantôt le lever.

 

Assuré par l’expérience de son confrère Joseph Breuer, Freud voit dans la suggestion hypnotique la possibilité de traiter les troubles nerveux mais surtout, d'en déduire un fonctionnement de l’appareil psychique prenant en compte l’inconscient.

Cette découverte est une véritable révolution dans le champ psychothérapique et le champ médical : la plupart de nos symptômes nerveux (physiques ou psychiques) sont déterminés par des pensées et des représentations dont nous n’avons pas conscience mais qui agissent à notre insu et se traduisent dans nos maux.

 

L’emballement de Freud est à la hauteur des effets que produit l’hypnose sur les patientes qu’il reçoit : leurs troubles se dissipent à mesure qu’elles revivent sous hypnose les scènes traumatiques et les fantaisies qu’elles avaient oubliées, refoulées.

 

Là où les médecins de l’époque restaient sans réponse face aux souffrances nerveuses des patients qu’ils ne pouvaient expliquer et encore moins soigner, une voie est ainsi dégagée dans la compréhension des troubles nerveux et leur nouage avec la parole.

 

Au fur et à mesure, Freud va cependant réaliser les limites de la méthode hypnotique. Non seulement, les symptômes finissent par revenir dès lors que le lien transférentiel avec le psychothérapeute est rompu, mais certaines personnes résistent aux effets de la suggestion et de l’hypnose.

 

Si un nouveau continent est accessible à Freud au niveau théorique, il se retrouve dans une impasse thérapeutique. Emmy, une fameuse patiente de Freud, va sortir ce dernier de l’embarras clinique dans lequel la méthode hypnotique le plongeait.

 

En effet, cette patiente, qui est finalement à l'origine de cette méthode, demande à Freud, plutôt que de subir ses suggestions, de se taire et de l’écouter.

 

Emmy commence dès lors à associer librement ses pensées sans être dirigée par les recommandations ou les suggestions du psychothérapeute. C’est alors d’elle-même, en associant librement ses pensées à haute voix, qu'elle parvient progressivement aux éléments refoulés à l’origine de ses symptômes.

Freud se rend alors compte que la patiente acquiert d'elle-même un savoir sur elle qui produit des effets durables dans l'apaisement de sa souffrance. Les résultats sont en contraste total avec la méthode de la suggestion que Freud opérait avant cela. 

 

Une nouvelle méthode est née et Freud va pouvoir, à la lumière de son expérience, affiner sa théorisation pour en améliorer l'efficacité. Depuis, de nombreux psychanalystes à Paris et partout ailleurs ont non seulement confirmé à travers leur clinique la pertinence de la méthode des libres associations mais l'ont également adapté à la psychose ainsi qu'à de nouvelles formes de symptômes. 

 

Avec l’abandon de la suggestion et l’utilisation de la méthode des libres associations, la psychanalyse ou la psychothérapie avec psychanalyste va permettre une qualité de soin sans précédent qui touche à la fois les symptômes psychiques et les symptômes corporels. C’est donc une véritable révolution dans le champ de la psychothérapie qu’Emmy a entériné et que Freud a pu soutenir.

 

La méthode des libres associations constitue ainsi la pierre angulaire de la psychanalyse et de la psychothérapie avec un psychanalyste.

Il s’agit pour le patient, dès lors qu’il est installé, de dire chaque pensée qui lui traverse l’esprit, sans en omettre aucune. Peu importe le contenu, le patient dit les pensées qui lui traversent l’esprit sans juger ou censurer sa parole. Il parle ainsi ses pensées, son corps, ses rêves au fur et à mesure que les images viennent à son esprit sans essayer de maitriser ce qu’il dit ou ce qu’il veut dire.

 

C’est un exercice qui peut s'avérer difficile dans la mesure où nous sommes habitués depuis notre enfance à censurer certaines de nos pensées, pour ne pas blesser l’autre, pour ne pas déplaire et de multiples raisons entrant dans le jeu de nos relations sociales. Il s’agit donc de lâcher les brides du discours courant pour pouvoir accéder, séance après séance, à une parole inédite, à une parole inter-dite qui propulse le patient et sa cure vers l’avant.

 

 

En respectant la méthode des libres associations, le patient va découvrir tout un pan de lui-même qu’il ignorait, des souvenirs qu’il s’astreignait à maintenir dans l’oubli et des fantasmes jusqu’alors inavoués. Grâce à ce savoir qu’il acquiert au fur et à mesure sur son fonctionnement psychique, sur lui-même, l’être en position de patient ou de psychanalysant démêle l’ensemble des symptômes qui le faisait souffrir et développe ainsi un nouveau positionnement subjectif : il sort petit à petit de son aliénation pour advenir, à la fin de sa psychanalyse, en tant que sujet.

 

C’est donc le contrat psychothérapeutique basé sur le respect des libres associations qui est le garant du bon déroulement de la cure.

 

 

La règle fondamentale est si importante que sa considération détermine littéralement la réussite de la cure. 

 

 

La méthode des libres associations, à Paris

Julien Faugeras, à Paris

 

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